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Ne soyez ni trop dur, ni trop doux : affirmez-vous


C’est à la fois étonnant et drôle d’animer une formation sur le thème de l’assertivité, quand vous vous rendez compte que la plupart des participants ignorent… ce que ce mot veut dire ! À leur décharge, vous ne le trouverez pas dans le dictionnaire mais bien sur Wikipedia. Alors quid ?

Récemment, un patron d’entreprise m’a demandé de former l’une de ses collaboratrices à la communication mais pas à l’assertivité. « Elle sait dire non » a-t-il insisté, comme si l’assertivité se réduisait à cela.

To assert en anglais signifie affirmer. En français, assertion veut dire affirmation. Vous l’avez compris, une personne assertive est donc une personne qui s’affirme : assertivité ou affirmation de soi, c’est kif.

Souvent, on détermine l’assertivité par ce qu’elle n’est pas : ni paillasson ni hérisson, le paillasson renvoyant au comportement passif, trop doux, le hérisson au comportement agressif, trop dur ! À ceux-là, vous ajoutez le manipulateur, celui qui pose des questions par exemple, sans dévoiler ses objectifs, qui prêche le faux pour savoir le vrai, qui flatte pour obtenir au lieu de complimenter avec sincérité, et le passif-agressif. Le passif-agressif tait ses frustrations le plus longtemps possible… et puis explose !

Or, l’assertivité repose sur une valeur forte : le RESPECT. Quand vous prenez l’avion, hôtesses et stewards vous expliquent quoi faire en cas de crash. C’est d’ailleurs moyennement utile à mon avis, probablement allons-nous tous y passer mais soit. Que nous disent-ils du masque à oxygène ? Vous le placez sur la tête de votre enfant d’abord ou sur vous ? Sur vous bien sûr ! Tout comme les pompiers sécurisent leur zone d’intervention avant de se lancer à l’assaut des flammes. Le respect de soi est donc premier.

Une définition – parmi beaucoup d’autres – peut alors être celle-ci : « je respecte mes droits et désirs et je respecte tes droits et désirs. » Si tel est le cas, j’apprends à exprimer mes demandes et j’apprends aussi à écouter, avec empathie, les demandes de l’autre. Idéalement, nous évoluons ensemble vers un accord gagnant-gagnant.

Certaines personnes prétendent que l’assertivité permet de ne pas blesser. Faux. Adresser une critique en étant assertif, c’est-à-dire élégant, respectueux, voire bienveillant, ne suffit pas pour ne pas blesser. L’autre a sa part de responsabilité. Lui aussi peut décider de se sentir ou non blessé. Ce qui compte avant tout, c’est votre intention. Quelle est-elle ?

  • Donner du feed-back ? « J’ai remarqué que tes odeurs corporelles sont fortes en fin de journée. »
  • Proposer une mesure corrective ? « Je te suggère de prendre une douche lors de la pause de midi. »
  • Ou atomiser l’autre ? « Tu pues l’poney fieu, c’t’une infection ! »

L’assertivité consiste donc à prendre sa place. Si vous vous effacez du paysage (l’un de mes coachés rasait littéralement les murs quand il marchait, et parlait comme si nous étions épiés par le KGB !), votre comportement est passif. Si vous vampirisez l’espace, à l’instar des Le Pen père et fille par exemple, qui se répandent sur un plateau de télévision, bras écartés, déployés comme des ailes, vous faites preuve d’un comportement agressif. Dosez ! Trouvez la ligne médiane : ne soyez ni trop dur, ni trop doux : Affirmez-vous !

L’assertivité concerne essentiellement 6 domaines :

  1. Le compliment que j’offre.
  2. Le compliment que je reçois et auquel je réponds et pas en m’excusant ni en minimisant ! Ex. : « Oh non, je n’ai fait que mon travail… »
  3. La critique que j’adresse avec respect et élégance.
  4. La critique que je reçois et à laquelle je réponds.
  5. La demande que j’adresse.
  6. La demande que je reçois et à laquelle je réponds : par oui, par non, en négociant, etc.

Livre « Affirmez-vous ! » sur l'assertivité Je vous recommande vivement ce livre de Frédéric Fanget
qui m’a beaucoup inspiré ! 
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Mais de façon plus générale, être assertif est une manière d’être, de se comporter. Avoir le visage ouvert (open face) pour être ouvert aux autres, leur sourire, les saluer, les écouter vraiment, et ne pas non plus se laisser faire : poser, définir ses limites … et respecter les limites des autres.

L’assertivité se décrypte notamment à travers :

  • Vos mots : éviter les mots qui minimisent et/ou affaiblissent votre message comme essayer, peut-être, petit, éventuellement, les conditionnels, etc. Privilégiez les mots justes, précis, choisis, adaptés à l’interlocuteur.
  • Votre voix : elle doit aussi être adaptée au contexte, au lieu, aux circonstances. Trouvez le bon débit, la belle sonorité. P