Comment avoir du courage ?


« Tu vois c’est tellement mieux
Quand on est sûr de soi
Que l’on porte au bout des doigts
De la force et l’espoir
D’aller chercher plus loin en n’ayant peur de rien
De sonner à la porte de l’inconnu sans aucune retenue
Et parler c’est si léger
Mais la question que j’me pose
Sans cesse : où j’pourrais trouver
Du courage, du courage, du courage
Du courage, du courage, du courage
Du courage, du courage, du courage
Du courage, du courage, du courage »

La Grande Sophie a sans doute mis le doigt sur la qualité majeure du Leader Inspirationnel : le courage.

« Surmonter la peur pour faire face à un danger », telle est l’une des définitions que vous trouverez du courage, en farfouillant sur internet ou dans les livres. Ils existent aussi. Ils existent encore. « Son contraire est la lâcheté », est-il précisé dans Wikipédia !

Je ne veux pas parler ici du courage héroïque de celui qui se jette à l’eau pour sauver le noyé, ou se rue dans la maison en flammes pour en extirper enfants, femmes et chatons ! Je ne parle pas non plus de la témérité, qui est bêtise.

Ce qui m’intéresse, dans cet article, c’est d’attirer votre attention sur les « petits courages » que réclament les situations de notre quotidien : trente minutes d’activité physique, la lecture d’un texte difficile  – c’est le conseil du philosophe Michel Serres pour rester jeune ! -, ne pas succomber au bonbon, au gâteau prohibés par votre régime, donner votre avis en réunion, surtout s’il tranche avec celui de la majorité, dire non à la demande d’un collègue, mieux, d’un supérieur, réclamer auprès de tel restaurateur car votre viande est trop cuite, dire à une personne inconnue du sexe opposé que vous la trouvez belle, réprimander un collaborateur, exiger de votre voisin qu’il ne gare pas sa voiture sur votre trottoir, choisir – ah le courage de choisir ! -,  parler à la première personne, pour reprendre le mot d’Arthur Adamov, revendiquer une opinion politique ou l’achat de l’intégrale d’Hervé Vilard quand vos amis ne jurent que par le dernier groupe à la mode, genre les Black Eyed Peas.Mais peut-être suis-je déjà dépassé… et eux aussi !

Les exemples ne manquent pas où manque le courage.

« Le faux courage attend les grandes occasions… Le courage véritable consiste chaque jour à vaincre ses petits ennemis. »
La citation est de Paul Nizan.

Chaque jour, je suis témoin de ces petits manques de courage, ceux des autres bien sûr, c’est tellement facile, mais aussi les miens, qui me navrent.

Trois façons d’apprendre le courage

Le courage s’acquiert-il ? Pouvons-nous l’apprivoiser, l’apprendre ?

Confucius dirait que « le courage consiste à faire ce qui est juste ».
Pouvons-nous apprendre ce qui est juste ? En fonction de quelles valeurs, de quel cadre de référence ?

L’étymologie heureusement nous éclaire puisqu’elle nous renvoie au « cœur en tant que siège des sentiments. » C’est ce que dit Platon d’ailleurs : le cœur est le lieu du courage. Le courage est la vertu qui surmonte la peur, et le vrai courage est calme, sans colère. C’est à cela qu’on le reconnaît.


Figure 1 Platon

Dans un autre registre, vous trouverez, dans les préceptes de la chevalerie, que « le vrai courage est de vivre quand il faut vivre, et de mourir seulement quand il faut mourir ».

La belle affaire ! Retenons-en au moins de vivre, de vivre intensément. Quant à nous préparer à mourir, c’est le but de la philosophie. Après-tout, nous verrons bien. Si nous avons cultivé notre courage, si chaque matin, nous nous sommes demandés comment être un peu plus courageux que la veille, nous devrions être sereins face à la mort, puisque le courage, c’est aussi être calme et sans colère face à la vérité. Et la mort est l’ultime vérité.

1.    Apprendre par l’exemple

Comme toutes les autres vertus, le courage s’apprend par l’exemple.


Figure 2 Alexandre le Grand sur son cheval Bucéphale

Plutarque a longtemps été, en Occident, à la base de l’éducation morale, grâce à la lecture de ses  « Vies des hommes illustres » comme César, Alexandre, Périclès, Thémistocle.

Ils n’avaient pas que des qualités, mais ils avaient tous du courage, de la grandeur. Plutarque nous les présente de manière à ce que nous puissions tirer des leçons de leurs échecs comme de leurs réussites.

2.    Apprendre par le sport

Le sport nous apprend également le courage, les sports de combat notamment – mais pas seulement – : apprendre à donner des coups, à les recevoir, pour ne plus en avoir peur.

« Faites ce dont vous avez peur, a dit Ralph Waldo Emerson, et la peur disparaîtra. »

Pour donner une suite concrète à ce principe, je me suis initié à la boxe Thaï et à Extrême Concept, un savant – et parfois douloureux ! – mélange de Krav Maga, de Close Combat, de Jujitsu brésilien, et autres disciplines à l’efficacité redoutable.

Je ne vous garantis pas que vous accrocherez à ce genre d’activité mais je vous assure que l’on y cultive de belles qualités et de grandes vertus. Le courage en fait partie.

Dans courage, j’entends aussi « rage », et le sport exige ça quand on y cherche la performance. La rage : une belle énergie si elle est canalisée.

L’intérêt, en sport de combat, c’est de canaliser justement, de frapper ou de toucher juste, d’être ferme, rapide, sec, pas forcément puissant, mais calme et souple, vif.

Un jour, je demandais à Jo, mon premier professeur de boxe Thaï rencontré à Saigon, comment je pouvais continuer de progresser.

Sa réponse fut immédiate : « bats-toi contre des gars plus forts que toi. A chaque fois. »

Savait-il qu’il me donnait là une méthode d’apprentissage du courage ? Il n’y a de courage que quand il y a de la peur.

3.    Apprendre en ancrant, en osant

Finalement, le courage s’apprend comme n’importe quoi d’autre, en augmentant progressivement le niveau de difficulté, et en osant.

Un matin, Claude m’appelle. Je sais, je le cite souvent dans mes articles. C’est mon ami. Nous échangeons beaucoup, nous nous devons beaucoup.

Un matin donc, il m’appelle. Il est seul dans un parc, dit-il. Il voit de jolies filles se promener et n’ose pas les aborder. Il n’a pas ce … courage.

Nous profitons de l’interruption de mon cours pour manger un morceau. Il est avide de conseils.

A la question « regardais-tu Goldorak quand tu étais plus jeune ? », il répond un OUI enthousiaste.

Je saute sur l’occasion et lui propose la méthode suivante, basée sur deux techniques-clés pour l’aider à oser :

 

1.    La visualisation.

2.    L’ancrage.

 

Cet après-midi dis-je, tu vas retourner au parc.
Quand tu vois déambuler une demoiselle que tu souhaites aborder, ferme les yeux et imagine-toi te levant, allant vers elle, l’abordant de côté, surtout pas de face. Elle t’éviterait.

Vois-toi et entends-toi lui parler : des mots justes et sincères, même banals, mais sincères.

Ressens les émotions positives que tu as envie de ressentir à ce moment précis.

Cette visualisation ou répétition mentale, tu la fais six fois de suite. Ca te prendra une poignée de secondes.

Après la sixième, tel Actarus, tu dis alors, tout en force et conviction : « Claudorak : GO ! »

Tu te lèves et tu joues la scène « en vrai ».

Pour les non-initiés, « Goldorak : GO ! » était LE déclencheur, le slogan utilisé par Actarus, pilote du robot volant Goldorak, pour le propulser à l’assaut de l’ennemi, les Golgoths et les Antiraks en provenance du Camp de la Lune Noire, et sauver la Terre.

Bon, là vous vous dites que j’ai fumé la moquette de mon bureau, mais c’est du parquet, j’vous jure !

Goldorak est un manga, un manga qui fera date et compte encore de nombreux passionnés. Or, quand vous en regardez un épisode, vous constatez à quel point la technique de l’ancrage y est présente.

L’ancrage, c’est ce que Proust évoque avec sa madeleine. La tremper dans son thé lui rappelle son enfance. Ancrage gustatif.

Quand une chanson vous plonge systématiquement dans la mélancolie, il s’agit d’un ancrage auditif. Si une image vous donne une vitalité débordante, l’ancrage est visuel.

Les ancrages les plus puissants sont sûrement les ancrages olfactifs. Laissez donc flâner vos narines dans le doux et délicat parfum de votre premier amour ! Foudroyant ! Est-ce que j’ai testé ? Joker : -)

Il y a également les ancrages kinesthésiques. Si vous observez un orateur se serrer le poignet droit avec la main gauche ou l’inverse, sans doute ce geste est-il associé à une ressource qu’il contacte à ce moment-là : la confiance par exemple.

Eh bien le geste d’Actarus quand il délivre Goldorak et s’expulse avec lui de son repaire, le « Goldorak : GO ! », sont des ancrages.

Juste avant, il a suivi son immuable rituel, jusqu’au célèbre « Métamorphose », quand il quitte la tenue du palefrenier et entre dans la combinaison du guerrier. Ancrage encore.

 


Figure 3 Actarus pendant sa « Métamorphose » !

L’ancrage, vous pouvez donc le créer en enfilant une tenue. Par exemple, mettre des gants de boxe requiert un rituel qui fait naître les bonnes sensations. Même chose si vous entrez dans une combinaison de motard. Le plus fort, pour moi, c’est encore le geste et le bruit au moment où je baisse la visière du casque. Ca provoque comme une chaleur dans le bas du ventre, une pointe d’adrénaline qui annonce l’arrivée de 210 chevaux enragés. J’en frissonne rien qu’à l’écrire !

En proposant cette méthode à Claude, méthode qui peut sembler farfelue, je m’inspire presque bêtement de techniques éprouvées par les meilleurs, toutes disciplines confondues.

15h ce jour-là. Je relève mes messages. Claude en a laissé un : « Fantastique ! J’ai un RV, je la vois lundi ! »

16h30, nouveau message : « Non non, nous nous voyons ce soir ! »

Depuis, Claude signe régulièrement ses messages « Claudorak ». Et parfois, je me laisse aller à un « Faborak » emprunt d’une nostalgie délicieuse.

Manga à part, vous n’êtes pas tenus d’ajouter le suffixe « ak » à votre prénom mais je vous invite à choisir les ancrages qui vous aideront à avoir du courage : un slogan, un geste, une chanson, un mélange des trois. A vous de voir ce qui vous convient le mieux.

Puis, évoluez quotidiennement sur le chemin du courage véritable. Tel un alpiniste, ne montez pas d’un cran tant que votre position n’est pas assurée, et capitalisez sur chaque succès.

Si vous retombez d’un cran ou de deux, soyez patient et remontez. Le courage, c’est aussi ça : se relever. Se relever encore. Se relever toujours. Tant que la cloche n’a pas sonné, se relever.

Le Leader Inspirationnel est guidé par son courage. Il prend un risque par jour.

Vous verrez, ce chemin-là est ébouriffant, vivifiant !

Je laisse le dernier mot de ce billet à Anne Frank, qui en savait long sur la question : « le courage et la joie sont deux facteurs vitaux. »

Alors, soyons courageux, soyons joyeux !

Bon Vol avec les Aigles les Amis, et à très vite.

Faborak

3 actions pour aller plus loin :

  1. Lisez la biographie  – livre ou article même choisi sur internet ! – d’un grand homme courageux et inspirant, et tirez-en au moins un principe ou une habitude à ancrer.
  2. Trouvez aussi vos propres ancrages, élaborez votre propre rituel du courage. Vous n’êtes évidemment pas obligés de le chorégraphier comme le Haka des All Blacks, ces fameux rugbymen ! Parfois, un mot suffit. Les Aigloraks : GO !
  3. Cette semaine, faites preuve de courage. Osez. Accomplissez quelques chose que vous avez eu tendance à postposer, par manque de courage. Un courage physique ou un courage moral. Un seul.

  1. Merci beaucoup ces conseils m ont bcp aider! En ce moment je ne sais plus ou j en suis et le courage est une chose que je n ai jamais vraiment eu… Mais mtn je vais essayer d appliquer vos conseils ! Merci!

    • Merci pour votre feed-back.
      Je vous souhaite de trouver votre voie et les ressources utiles pour l’emprunter.
      Puisque nos pensées déterminent nos sentiments, qui déterminent nos actions, qui déterminent nos résultats…
      Je vous conseille de changer vos pensées !

      Amicalement,

      Fabian

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